Journée nationale de la résilience 2026 : préparer les exercices d'évacuation en entreprise
Le 13 octobre 2026 marque le point d'orgue de la 5e édition de la Journée nationale de la résilience, organisée par le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Transition écologique. Entreprises, collectivités, établissements d'enseignement et associations sont invités à s'y associer. Pour un employeur, c'est une occasion concrète de vérifier un sujet souvent traité a minima : la capacité réelle de ses équipes à évacuer, à se mettre à l'abri et à réagir face à un incendie, une inondation ou un accident technologique. Ce guide fait le point sur les obligations, l'organisation d'un exercice utile et l'apport des agents de sécurité.
La Journée nationale de la résilience : de quoi s'agit-il ?
Lancée en 2022, la Journée nationale de la résilience vise à développer la culture du risque dans la population. En 2026, elle se déroule tout au long de l'année, avec un temps fort le 13 octobre, en cohérence avec la journée internationale des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes. Les actions peuvent être portées par tous types d'acteurs, entreprises comprises, et obtenir un label officiel dès lors qu'elles répondent à au moins un objectif : développer la culture des risques naturels et technologiques, préparer à la survenance d'une catastrophe, ou renforcer la résilience collective. Selon la plateforme officielle, les demandes de labellisation restent ouvertes jusqu'au 10 décembre 2026.
Pour une entreprise, participer ne suppose pas un grand événement : un exercice d'évacuation ou de mise à l'abri bien préparé, suivi d'un retour d'expérience partagé avec les équipes, s'inscrit pleinement dans cette démarche.
Ce que le code du travail impose déjà
Indépendamment de la Journée nationale de la résilience, le code du travail encadre la préparation des salariés au risque d'incendie :
- Une consigne de sécurité incendie doit être établie et affichée de manière très apparente dans les locaux concernés (article R4227-37) ;
- Des exercices et essais périodiques doivent être organisés, au cours desquels les travailleurs apprennent à reconnaître le signal d'alarme, à localiser et utiliser les espaces d'attente sécurisés, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les manœuvres nécessaires. Ils ont lieu au moins tous les six mois (article R4227-39) ;
- Un registre consigne la date de ces exercices et les observations auxquelles ils ont donné lieu ; il est tenu à la disposition de l'inspection du travail.
L'INRS rappelle que ces exercices doivent permettre de vérifier l'organisation de l'évacuation et le rôle des personnes désignées (guides et serre-files, équipiers d'intervention), et que les nouveaux embauchés doivent être formés rapidement. Les établissements recevant du public sont en outre soumis au règlement de sécurité incendie propre aux ERP, qui peut imposer un service de sécurité incendie composé d'agents SSIAP selon la catégorie et le type de l'établissement.
Dans les faits, beaucoup d'entreprises réalisent un exercice par an, au même moment et selon le même scénario, sans exploiter les observations. C'est précisément ce que la démarche de résilience invite à corriger.
Au-delà de l'incendie : élargir les scénarios
L'évacuation incendie n'est qu'un des scénarios possibles. Selon l'implantation et l'activité du site, d'autres situations appellent une réponse différente — parfois l'inverse d'une évacuation :
- La mise à l'abri : en cas d'accident technologique (nuage toxique à proximité d'un site industriel), la consigne est de rester à l'intérieur, fermer les ouvertures et attendre les instructions. Les entreprises situées près de sites Seveso, nombreuses dans le Dunkerquois ou les vallées industrielles des Hauts-de-France, doivent connaître ce réflexe ; voir notre article sur la sécurité des sites industriels Seveso.
- L'inondation : plusieurs secteurs des Hauts-de-France sont exposés au risque de crue ou de remontée de nappe. Le scénario porte alors sur la protection des biens, la coupure des énergies et l'organisation du départ des salariés.
- La menace malveillante : le plan Vigipirate 2026, positionné au stade « vigilance renforcée » pour l'été et l'automne, invite à une culture de la sécurité partagée. Le réflexe « s'échapper, se cacher, alerter » et la procédure de confinement doivent être connus.
- La coupure prolongée (électricité, réseau, accès au site) : moins spectaculaire, elle teste la continuité d'activité et la capacité à joindre les équipes.
Les portails publics d'information sur les risques, comme Géorisques, permettent de connaître à partir d'une adresse l'exposition d'un site aux risques naturels et technologiques. C'est un bon point de départ pour choisir le scénario de l'exercice.
Organiser un exercice qui sert vraiment
Avant l'exercice
- Fixer un objectif précis : tester le temps d'évacuation d'un bâtiment, la prise en charge des personnes à mobilité réduite, la mise à l'abri, la remontée d'information vers la direction…
- Mettre à jour les documents : consigne incendie, plans d'évacuation, liste des guides et serre-files, point de rassemblement.
- Vérifier les moyens : signal d'alarme audible partout, issues dégagées, éclairage de sécurité, extincteurs accessibles.
- Prévoir des observateurs positionnés aux points clés, avec une grille d'observation simple.
- Informer les tiers concernés : télésurveilleur, prestataires présents, voisins si nécessaire.
Pendant l'exercice
Chronométrer, compter les personnes au point de rassemblement, noter les difficultés (porte bloquée, alarme inaudible dans un local, salariés qui reviennent chercher leurs affaires, visiteurs non pris en charge). Un exercice inopiné à une heure de forte présence est plus instructif qu'un exercice annoncé un vendredi après-midi.
Après l'exercice
Le retour d'expérience est la partie la plus utile — et la plus souvent négligée. Il consiste à consigner l'exercice et ses observations au registre, à présenter les constats aux managers et aux représentants du personnel, puis à corriger : signalétique, désignation de nouveaux serre-files, formation des nouveaux arrivants, modification des consignes. Le prochain exercice, au plus tard six mois après, doit vérifier que les corrections ont porté.
Les erreurs les plus fréquentes
Les retours d'expérience d'exercices font apparaître des constats récurrents, quel que soit le secteur :
- Des serre-files absents ou partis : la liste des personnes désignées n'a pas été mise à jour après des départs, des changements de poste ou le passage au travail hybride. Le jour de l'exercice, plusieurs zones ne sont couvertes par personne.
- Des visiteurs et prestataires oubliés : ils ne connaissent ni le signal, ni le point de rassemblement, et ne figurent sur aucune liste. Le registre des visiteurs tenu à l'accueil ou au poste de sécurité devient alors un outil de comptage indispensable.
- Des personnes à mobilité réduite sans solution : les espaces d'attente sécurisés existent sur le plan, mais personne n'est chargé d'y accompagner les personnes concernées ni d'en informer les secours.
- Des issues encombrées ou verrouillées : stockage provisoire devenu permanent, porte condamnée « pour la sûreté » sans solution d'ouverture en cas d'urgence. Sûreté et sécurité incendie doivent être conçues ensemble.
- Un point de rassemblement inadapté : situé sur la voie d'accès des secours, trop proche du bâtiment ou impossible à atteindre sans traverser une zone à risque.
- Une remontée d'information défaillante : personne ne sait qui centralise le comptage ni qui informe les secours à leur arrivée.
Chacun de ces points se corrige à faible coût, à condition d'avoir été observé. C'est l'intérêt d'exercices réalistes et variés, plutôt qu'une répétition annuelle identique.
Un dernier point concerne les sites multi-occupants (immeubles de bureaux, parcs d'activités) : l'exercice doit être coordonné entre les entreprises présentes et le gestionnaire de l'immeuble. Les consignes de chaque occupant doivent être cohérentes avec celles du bâtiment, et les agents de sécurité de l'immeuble connaître la répartition des rôles. Nous abordons ces enjeux dans notre article sur la sécurité des immeubles de bureaux et sièges sociaux.
Le rôle des agents de sécurité
Lorsque le site dispose d'agents de sécurité, ils sont des acteurs clés de l'exercice — et de la situation réelle :
- Déclenchement et levée de doute : en dehors des heures ouvrées, un agent ou un intervenant sur alarme vérifie la réalité d'un déclenchement avant toute mobilisation ;
- Accueil des secours : guidage des sapeurs-pompiers, transmission des plans et des informations sur les personnes restant à l'intérieur ;
- Gestion des accès : empêcher les retours dans le bâtiment, filtrer l'accès au site, gérer les visiteurs et prestataires (voir notre offre de contrôle d'accès) ;
- Rondes de vérification : dégagements, issues de secours, portes coupe-feu, avant et après l'exercice (rondes de sécurité) ;
- Main courante : horodatage des événements, utile au retour d'expérience.
Pour être efficaces, les agents doivent être associés à la préparation : connaître le scénario, leur rôle, les consignes du site et les interlocuteurs internes. Un agent prestataire découvrant la procédure le jour de l'exercice ne peut jouer ce rôle. Dans les ERP, les missions incendie relèvent des agents SSIAP ; dans les autres sites, un agent de sécurité formé et intégré aux consignes complète l'organisation interne.
Hauts-de-France et Île-de-France
Dans les Hauts-de-France, la diversité des risques — industriels sur le littoral et dans les bassins historiques, inondations dans plusieurs vallées, forte densité d'ERP dans la métropole lilloise — justifie des scénarios adaptés à chaque implantation. NYX Sécurité Privée accompagne les entreprises de la région, notamment à Lille, Dunkerque et Amiens. En Île-de-France, où nous étendons notre activité en 2026, les immeubles de grande hauteur et les sièges sociaux posent des questions spécifiques d'évacuation par étages : voir sécurité en Île-de-France et agent SSIAP à Paris.
Questions fréquentes
À quelle fréquence faut-il organiser un exercice d'évacuation ?
Le code du travail prévoit des exercices et essais périodiques au moins tous les six mois dans les établissements soumis à l'obligation de consigne de sécurité incendie (article R4227-39). Les ERP sont en outre soumis à leur propre règlement de sécurité.
Faut-il évacuer totalement le bâtiment à chaque exercice ?
Pas nécessairement. L'objectif est de vérifier l'organisation de l'évacuation et le rôle des personnes désignées. Alterner évacuation complète, exercice partiel et exercice de mise à l'abri permet de tester des scénarios différents.
Une entreprise peut-elle participer à la Journée nationale de la résilience ?
Oui. Les entreprises font partie des porteurs de projets invités à se mobiliser, et peuvent demander le label de la Journée nationale de la résilience pour une action répondant à ses objectifs.
Que doit contenir le registre des exercices ?
Au minimum la date de l'exercice et les observations auxquelles il a donné lieu. Il est recommandé d'y joindre un compte rendu : scénario, durée, participants, difficultés constatées et actions correctives.
Préparez votre prochain exercice avec nous
Agents SSIAP, agents de sécurité, rondes et intervention sur alarme : NYX Sécurité Privée vous aide à organiser des exercices utiles et à renforcer votre dispositif au quotidien. Devis gratuit au 03 59 25 03 37, par e-mail à contact@nyx-securite.fr ou via notre formulaire de contact.