Sécurité incendie 2026 : la nouvelle classe de feu L (batteries lithium) et les changements à connaître

L'année 2026 marque un tournant pour la sécurité incendie. Une nouvelle classe de feu L dédiée aux batteries lithium-ion fait son entrée dans la classification internationale, un arrêté du 19 février 2026 réforme en profondeur le règlement de sécurité des ERP, et un règlement européen programme la fin des extincteurs aux PFAS. Pour les exploitants d'ERP, de sites industriels et d'entrepôts, ces évolutions appellent une mise à niveau des équipements, des consignes et de la formation. Tour d'horizon, et place de l'agent SSIAP dans ce nouveau paysage.

La nouvelle classe de feu L : les batteries lithium-ion entrent dans la classification

Jusqu'ici, les feux étaient répartis en grandes classes : A (solides comme le bois ou le papier), B (liquides inflammables), C (gaz), D (métaux) et F (huiles et graisses de cuisson). En janvier 2026, la norme internationale ISO 3941 a été publiée dans sa troisième édition et introduit une nouveauté de taille : la classe L, dédiée aux feux de cellules et batteries lithium-ion (en l'absence de lithium métallique).

Cette reconnaissance n'est pas symbolique. Un feu de batterie lithium-ion n'a rien d'un feu ordinaire : il résulte d'un emballement thermique en cascade, dégage des gaz toxiques et inflammables, progresse très rapidement et peut se ré-allumer plusieurs heures après une première extinction. Les méthodes classiques montrent vite leurs limites face à ce phénomène électrochimique.

Point important à connaître : à ce stade, aucune norme ne définit encore les performances des extincteurs « classe L », et aucun pictogramme ISO 7010 ne permet de les identifier visuellement. Autrement dit, le risque est désormais nommé et caractérisé, mais l'outillage normatif (extincteurs certifiés, signalétique) reste à construire. Cette classe concerne pourtant un nombre croissant de sites : parkings et flottes de véhicules électriques, entrepôts logistiques et locaux de charge de chariots élévateurs, data centers, ateliers, mais aussi stockage de trottinettes et vélos à assistance électrique. Sur les sites industriels, le sujet rejoint plus largement les enjeux de sécurité industrielle et d'innovation technologique.

Face à un risque encore mal couvert par les équipements normalisés, la priorité se déplace vers l'amont : prévention et détection précoce. Cartographier les zones de charge, espacer et ventiler les stockages de batteries, installer une détection adaptée, proscrire les chargeurs non conformes et former le personnel à reconnaître les signes d'un emballement (gonflement, chaleur anormale, fumée, odeur) permettent souvent d'agir avant l'embrasement. C'est là que la surveillance humaine et les rondes prennent tout leur sens.

Quels sites sont les plus concernés par le risque « batteries » ?

La montée du risque lithium-ion ne touche pas que l'industrie de pointe. Elle concerne un éventail d'établissements de plus en plus large :

  • Parkings et flottes de véhicules électriques : parcs de stationnement couverts, dépôts de bus, garages, où un emballement peut se propager d'un véhicule à l'autre.
  • Entrepôts et plateformes logistiques : zones de charge des chariots élévateurs et transpalettes électriques, stockage de produits contenant des batteries.
  • Data centers et locaux techniques : onduleurs et batteries de secours en fonctionnement continu.
  • Commerces et tertiaire : stockage et recharge de trottinettes et vélos à assistance électrique, matériel nomade.
  • Établissements de santé et EHPAD : fauteuils roulants électriques, lits médicalisés et dispositifs sur batterie, dans des lieux accueillant un public vulnérable.

Le point commun de ces sites : la source de risque y est souvent diffuse, mobile et permanente — la charge se fait fréquemment de nuit, hors présence. D'où l'importance d'une cartographie des zones de charge, d'une détection adaptée et d'une présence humaine formée à ce risque émergent.

Arrêté du 19 février 2026 : le règlement de sécurité incendie des ERP évolue

Publié au Journal officiel le 22 février 2026, l'arrêté du 19 février 2026 modifie l'arrêté fondateur du 25 juin 1980 qui régit la sécurité incendie dans les établissements recevant du public (ERP). C'est l'une des réformes les plus importantes du référentiel depuis des décennies.

Deux changements majeurs sont à retenir :

  • La fin de la logique du « tout incombustible ». Le bois et les matériaux biosourcés (bois massif, lamellé-collé, CLT) sont désormais admis en structure et en aménagement intérieur, sous réserve de protections passives dimensionnées et tracées — par exemple un « encapsulage » empêchant le bois d'atteindre 250 °C pendant la durée de stabilité au feu exigée.
  • La généralisation des Euroclasses européennes (A1, A2-s1,d0, et classements EI/REI pour la résistance) en remplacement des anciennes classifications françaises M0, M1, etc. Un alignement attendu sur les normes européennes.

L'entrée en vigueur est fixée au 1er juin 2027 et s'appliquera aux demandes d'autorisation de travaux déposées à partir de cette date. Les exploitants et maîtres d'ouvrage qui préparent une construction, une extension ou un réaménagement d'ERP ont donc tout intérêt à intégrer dès maintenant ce nouveau référentiel dans leurs projets, et à se rapprocher d'un bureau de contrôle.

Extincteurs : la fin programmée des mousses aux PFAS

Troisième évolution structurante, d'origine européenne cette fois : le règlement (UE) 2025/1988 du 2 octobre 2025, qui modifie l'annexe XVII du règlement REACH et restreint l'usage des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées, les « polluants éternels ») dans les mousses anti-incendie. Le calendrier est précis :

  • 23 octobre 2026 : interdiction de mise sur le marché des extincteurs et additifs contenant plus de 1 mg/L de PFAS (extincteurs portatifs et mobiles jusqu'à 150 litres). Il ne sera plus possible d'acheter ces modèles.
  • 23 avril 2027 : échéance spécifique pour certaines mousses résistantes aux alcools.
  • 31 décembre 2030 : fin de l'utilisation des extincteurs portatifs contenant des PFAS.

Concrètement, le parc d'extincteurs à mousse devra être progressivement remplacé par des solutions sans fluor, avec à la clé des coûts en hausse (de l'ordre de 30 à 50 % selon les premiers retours du secteur) et des obligations d'usage renforcées d'ici là (plan de gestion, étiquetage, collecte séparée). Mieux vaut planifier ce renouvellement dans le cadre de la maintenance annuelle plutôt que de le subir en urgence.

Vos obligations de base restent inchangées

Ces nouveautés ne suppriment pas les fondamentaux. Dans les ERP comme sur les lieux de travail, le Code du travail et le règlement de sécurité imposent toujours de disposer d'au moins un extincteur à eau de 6 litres pour 200 m² et par niveau, complété par des extincteurs adaptés aux risques particuliers (électriques, liquides, cuisine). La vérification annuelle par un technicien compétent et la tenue du registre de sécurité demeurent obligatoires, tout comme la formation du personnel à la manipulation (exercice sur feu réel, reconnaissance des classes de feu — désormais y compris la classe L).

Ces obligations sont particulièrement sensibles dans les établissements accueillant un public vulnérable, comme les EHPAD, où la prévention incendie est un enjeu vital : nous y consacrons un dossier dédié sur la sécurité en EHPAD.

Le rôle de l'agent SSIAP face aux nouveaux risques

Dans de nombreux ERP et immeubles de grande hauteur, la présence d'un service de sécurité incendie est obligatoire. L'agent SSIAP (Service de Sécurité Incendie et d'Assistance à Personnes) en est la cheville ouvrière : prévention des départs de feu, rondes et levée de doute, entretien des moyens de secours, alerte et accueil des secours, assistance aux personnes et participation à l'évacuation. Nous détaillons ces missions dans notre article SSIAP et prévention incendie : protéger les ERP.

L'arrivée de la classe L renforce l'importance de cette présence qualifiée. Un feu de batterie lithium-ion ne se traite pas comme un feu classique : la priorité va à la mise en sécurité des personnes et à l'évacuation, à l'isolement de l'élément en cause et au refroidissement par grande quantité d'eau pour limiter la propagation de l'emballement thermique, dans l'attente des sapeurs-pompiers. Des agents extincteurs spécifiques (par exemple à base de dispersion aqueuse) apparaissent, mais en l'absence de certification normalisée « classe L », la prévention, la détection précoce et la formation restent les meilleures armes. Une vigilance particulière s'impose sur les locaux de charge et les zones de stockage de batteries, fréquents dans la logistique et l'industrie. L'agent SSIAP, par sa connaissance des lieux et sa réactivité, est en première ligne pour intégrer ces nouvelles consignes.

Au quotidien, cette montée en compétence passe par la mise à jour des consignes de sécurité, l'intégration du risque « batteries » dans les exercices d'évacuation et les rondes, et une coordination étroite avec les services de secours et le responsable unique de sécurité de l'établissement.

NYX Sécurité Privée : SSIAP et prévention incendie dans les Hauts-de-France et en Île-de-France

NYX Sécurité Privée (anciennement Bernard Sécurité Protection) met à disposition des agents SSIAP pour la sécurité incendie de vos ERP, sites industriels et plateformes logistiques, en complément de nos prestations de gardiennage et de surveillance. Nos agents, titulaires de la carte professionnelle CNAPS, interviennent à Lille, sur l'ensemble des Hauts-de-France et jusqu'à Paris avec notre extension en Île-de-France. La société est titulaire de l'autorisation CNAPS n° AUT-062-2120-11-26-20210339454.

Vous voulez mettre votre dispositif incendie en conformité avec les évolutions 2026 ? Pour un audit gratuit (moyens de secours, registre, présence SSIAP, risques liés aux batteries lithium) et un devis adapté, contactez NYX Sécurité Privée au 03 59 25 03 37, par e-mail à contact@nyx-securite.fr ou via notre page contact.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la classe de feu L ?

C'est une nouvelle catégorie de feu introduite par la norme internationale ISO 3941 dans sa troisième édition (janvier 2026), dédiée aux feux de cellules et batteries lithium-ion. Elle reconnaît la nature particulière de ces incendies : emballement thermique, gaz toxiques et risque de ré-inflammation.

Comment réagir face à un feu de batterie lithium-ion ?

La priorité est la mise en sécurité des personnes et l'évacuation, puis l'isolement de l'élément et son refroidissement à grande eau pour freiner la propagation, en attendant les pompiers. Il n'existe pas encore d'extincteur certifié « classe L » : la prévention, la détection précoce et la formation des équipes sont essentielles.

Mes extincteurs à mousse sont-ils encore autorisés ?

Le règlement (UE) 2025/1988 interdit la mise sur le marché des extincteurs contenant des PFAS au-delà du seuil fixé à compter du 23 octobre 2026, et leur utilisation prend fin au 31 décembre 2030. Il faut donc planifier le remplacement progressif du parc par des modèles sans fluor.

Quand l'arrêté du 19 février 2026 s'applique-t-il ?

Il entre en vigueur le 1er juin 2027 et s'applique aux demandes d'autorisation de travaux déposées à partir de cette date. Les projets de construction ou de réaménagement d'ERP ont intérêt à anticiper ce nouveau référentiel (bois, Euroclasses).

Mon établissement doit-il disposer d'un agent SSIAP ?

Cela dépend du type et de la catégorie de votre ERP (effectif accueilli, activité, immeuble de grande hauteur). Un audit permet de déterminer l'obligation applicable et le niveau de service requis. NYX Sécurité Privée peut réaliser ce diagnostic.

Sources officielles

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